Retour vers l'Accueil du
	  site

Equipe InSitu (nouveau nom de l'équipe IFPS)

INteractions : SItuations, praTiques et oUtils

Séminaire InSitu

- Lundi 26 février, 13h en salle D4.024

Lucien Tisserand (doctorant de Luca Greco, Paris 3, invité ICAR de février à mai 2018)
Titre : La simulation haute fidélité en santé : articuler plusieurs lieux, participations et temporalités des interactions

Le but de ma présentation sera de vous présenter l'approche que j'entreprends sur mes données pour mon travail de thèse. Celle-ci porte sur les pratiques de simulation haute fidélité dans le domaine de la santé. Il s'agit d'utiliser un mannequin piloté en temps réel qui jouera le rôle d'un patient pour une équipe médicale qui simulera durant une quinzaine de minutes la prise en charge de ce patient.
Ce terrain est d'autant plus intéressant que cette activité prend place au sein d'un dispositif qui se donne pour objectif d'entraîner à des compétences d'organisation et de communication au sein de l'équipe de professionnels de la santé, ce que la pédagogie médicale appelle "les compétences non-techniques".
Ainsi, alors que nous avons accès aux raisonnements pratiques mis en place dans la salle de simulation entre les membres de l'équipe médicale, nous avons également accès, au même moment, aux interactions ayant lieu dans la cabine de pilotage, attenante à la salle de simulation de l'autre côté d'une vitre sans tain. À l'intérieur de celle-ci, les formateurs sont dans un état de parole ouvert, ils sont attentifs eux aussi aux pratiques des stagiaires simulant. Ceci dans le but d'effectuer les opérations de pilotage requises au bon moment, mais aussi pour livrer leur analyse en temps réel sur l'organisation des stagiaires, commentant, pointant et formulant des évaluations, utilisant la simulation en train de se faire comme ressource.
Il est alors intéressant d'analyser séparément puis de mettre en rapport la compréhension qu'ont les stagiaires de ce qu'ils sont en train de faire avec ce que les formateurs en comprennent.
Mais la simulation n'est pas encore terminée. Intervient alors un troisième lieu : celui du débriefing qui intervient juste après. Durant celui-ci, les stagiaires vont raconter comment ils se sont comportés. Comment ils ont ressenti / comment ils évaluent l’organisation, en pointant parfois des moments précis de la simulation. Nous avons alors une troisième analyse fournie a postériori par ceux-ci.
Je prendrai un exemple d’épisode de la simulation ayant occasionné un commentaire dans la cabine de pilotage, ainsi que des extraits du débriefing qui a suivi cette simulation afin de questionner en quoi on peut (mais aussi, en quoi on ne peut pas) chercher l’articulation par les participants (ou par l’analyste ?) entre ces différents étapes qui constituent une session de simulation dans son intégralité.

- Lundi 12 février, atelier DocINT, 10h-12h en salle D4.179

Data session suivie d’une présentation

Intervenante : Sylvaine Tuncer, post-doctorante, Department of Computer and Systems Sciences, University of Stockholm (sylvaine@dsv.su.se)

Thème de l’atelier : « Les visites non planifiées dans les bureaux : La production conjointe d’une raison de la visite »

Présentation de l’intervenante :

De formation sociologique avec une thèse dirigée par Christian Licoppe et soutenue en 2014, Sylvaine Tuncer utilise l’analyse de conversation (multimodale) dans une perspective ethnométhodologique pour analyser les interactions dans leur dimension incarnée et matérielle. Elle s’intéresse principalement aux phénomènes sociologiques émergents que sont la collaboration, l’organizing et la production interactionnelle de connaissance. Elle a travaillé en tant que post-doctorante à Télécom ParisTech puis à l’université d’Oulu (Finlande), sur les communications vidéos entre proches, les interactions entre surveillants pénitentiaires et personnes placées sous mains de justice, et le travail quotidien dans un laboratoire de biochimie.

En janvier 2018, Sylvaine Tuncer a rejoint un projet associant le département d’éducation, communication et apprentissage de l’université de Göteborg (Suède) et le département des Sciences de l’Informatique et des Systèmes de l’université de Stockholm, qui s’intéresse à l’usage des tutoriels vidéos en ligne pour l’apprentissage de savoir-faire pratiques (‘Online instructional videos and the learning of practical skills’).

Lors de cette rencontre elle reviendra sur l’objet de sa thèse, les interactions ordinaires dans les bureaux des organisations de travail. La data session portera sur l’ouverture des visites non planifiées d’un collaborateur à un autre, à propos desquelles après avoir étudié la toute première phase d’émergence de l’attention conjointe (Tuncer & Licoppe, 2018), elle souhaiterait explorer avec nous les premiers tours de parole : la production conjointe d’une ‘raison de la visite’.

- Lundi 1 février 2018, de 16h à 17h30 dans la Salle D4.179 (laboratoire ICAR, salle au fond du couloir)

Intervenants : Kris Lund, Matthieu Quignard (CogCINEL)

Nous présentons des travaux initiés dans l'ANR ORFEO (Outils et Recherche sur le Français Ecrit et Oral) et poursuivis dans l'ANR JEN.Lab (Jeux Epistémiques Numériques) dans le but d'étudier l'émergence de l'émotion dans les interactions. Etant donné un extrait de conversation entre étudiants (CLAPI : "vraiment vraiment désolée"), comportant 4 phases émotionnées, il s'agit de savoir quels micro-phénomènes (ex : allongements vocaliques, exclamations, rires, accélération du débit, etc.) sont à l'oeuvre dans ces phases, lesquels sont caractéristiques d'une phase, lesquels ne le sont pas, et s'ils fonctionnent en association les uns avec les autres. Pour ce faire, nous exposerons deux outils permettant de visualiser ces cooccurrences de phénomènes — notre frise interactive (Frieze Style, développée par M. Quignard) et l'Epistemic Network Analysis (ENA, développée par D. Shaffer) — et comment l'association des deux permet d'interpréter les cooccurrences significatives.

References :
Matthieu Quignard, Biagio Ursi, Nathalie Rossi-Gensane, Virginie André, Heike Baldauf-Quilliatre, et al.. Une méthode instrumentée pour l’analyse multidimensionnelle des tonalités émotionnelles dans l’interaction. Congrès Mondial de Linguistique Française, Jul 2016, Tours, France. 2016, Congrès mondial de Linguistique Française 2016.
Lien HAL : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01316278

Kristine Lund, Matthieu Quignard, David Williamson Shaffer. Gaining Insight by Transforming Between Temporal Representations of Human Interaction. Journal of Learning Analytics, 2017, 4 (3), pp.102 - 122.
Lien HAL : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01656135

- lundi 15 janvier à 13 h en D4. 024
Pierre Halté (Post-doctorant ICAR). Le positionnement syntaxique des interjections et des émoticônes – Modalité, portée, visée

Les interjections et les émoticônes, dont les caractéristiques sémiotiques et énonciatives sont très proches, apparaissent fréquemment dans les corpus numériques, où elles servent la plupart du temps à modaliser les énoncés linguistiques qu’elles accompagnent. L’objectif de cette communication est d’observer et d’expliciter les différentes possibilités de positionnement des interjections et des émoticônes par rapport à la chaîne syntaxique constituant les tours de paroles des locuteurs : antéposition, postposition, incise... Notre hypothèse est que ces différents positionnements sont liés aux caractéristiques sémantiques et énonciatives de ces marques. Partant de l’analyse d’exemples tirés de divers genres de discours numériques (t’chat, microblogging, sms, etc.), nous proposerons plusieurs hypothèses permettant d’expliquer, à partir de considérations sémantiques et énonciatives, les raisons de ces positionnements spécifiques : nous mettrons notamment en relation les notions de modalité et de modalisation avec celles de portée et de visée.

- lundi, 13 novembre 13-14h40 en D4.180
Patrick Renaud (Université Paris 3) présentera le projet Observatoire Interactif des Mobilités et des Vulnérabilités (O.I.M.V.) développé dans le cadre du programme SHS "Sociétés plurielles" de l'Idex dont Sorbonne Paris Cité est membre

- jeudi, 30 novembre 16-17h30 en D4.314
Elizaveta Chernyshova présentera les travaux de sa thèse, titre de l’intervention: Expliciter dans la conversation. Vers une modélisation des processus inférentiels dans l’interaction

Lors de ce séminaire, Elizaveta Chernyshova, doctorante en 3e année sous la direction de Véronique Traverso (ICAR) et de Sylvain Kahane (MoDyCo), présentera ses travaux de thèse. Situés dans une double perspective - perspective conversationnaliste d’une part, et perspective modélisante d’autre part - ces travaux s’articulent autour de la question de la définition et de la description de l’opposition explicite - implicite dans la conversation. En proposant un parcours théorique autour de cette opposition, puis une manière de concevoir l’inférence dans la conversation, cette présentation montrera la possibilité de définir une action conversationnelle particulière : l’explicitation. Des analyses de séquences d’explicitation dans un corpus de repas entre amis en français seront présentées afin de montrer en quoi cette nouvelle catégorie s’avère pertinente pour une approche conversationnaliste de l’opposition explicite - implicite.

- jeudi, 21 décembre 16-17h30 en D4.024
Johanna Isosävi, chercheuse invitée à InSitu présentera ses travaux sur la politesse, titre de l’intervention: La politesse en France et en Finlande

Les interactions interculturelles peuvent se compliquer en raison des manifestations différentes de la politesse. Or les évaluations de politesse par des étrangers n’ont pas été largement examinées. Cette étude porte sur les perceptions de la politesse finlandaise par des Français résidant en Finlande, et les perceptions de la politesse française par des Finlandais habitant ou ayant habité en France. Comme méthode, les focus groups ont été employé pour étudier les normes de politesse partagées et leurs variations dans une culture. D’après une analyse dialogique de discours qui se base sur cinq discussions focus groups, la politesse est thématisée par l’espace en Finlande, mais par des réactions en France. Ces thématisations d’espace et de réactions ont amené aux discussions sur les salutations, le silence et le fait de tenir les portes. Les participants ont rapporté que les salutations et le fait de tenir les portes étaient plus catégorique en France, alors que le silence était mieux toléré en Finlande. En plus des normes dominantes, des variations régionales et individuelles ont été rapportées. Globalement, les normes de politesse semblent être plus vagues en Finlande qu’en France. La recherche future montrera si les normes de la politesse finlandaise évolueront vers les réactions, ou si l’espace restera plus valorisé.

Actualités de l'année

- Réunion de rentrée InSitu jeudi, 21 septembre 10h30 à 12h30, R174